Cela nous amène à une autre question importante : que signifie réellement être un leader-serviteur ?
Jésus a certainement servi les gens, mais Il n'a pas personnellement répondu à chaque besoin. Il s'est beaucoup investi auprès de ses disciples, les a équipés et les a envoyés accomplir eux-mêmes ce travail.
Le Servant leadership ne signifie donc pas devenir la personne qui doit répondre personnellement à chaque crise, visiter chaque malade, prier pour chaque personne qui le demande, résoudre chaque problème ou prendre chaque décision.
Parfois, ce qu'un leader peut faire de plus empreint d'un esprit de service, c'est de donner à quelqu'un d'autre les moyens de servir.
Cela vous demande de vous poser les questions suivantes :
- À quoi suis-je réellement appelé ?
- Que dois-je faire pour donner à quelqu'un d'autre les moyens d'agir ?
- Où est-ce que je m'accroche à des responsabilités que quelqu'un d'autre pourrait porter ?
Cela devient encore plus important lorsque notre identité de leader se mêle à notre ambition personnelle.
Nous pouvons commencer à apprécier d'être la personne dont tout le monde a besoin. Nous pouvons nous attacher au fait d'être reconnus, d'être indispensables ou d'être celui ou celle qui fait avancer les choses. Nous pouvons nous dire que nous servons Dieu alors que, au fond, notre identité se nourrit du fait d'être nécessaires.
Un leadership sain exige donc que nous examinions non seulement ce que nous faisons, mais aussi pourquoi nous le faisons.
Prenez un moment pour considérer ces trois questions :
- Que crois-je au sujet de Dieu ?
Est-ce que je le vois comme un Père qui prend soin de moi, ou surtout comme quelqu'un pour qui je dois sans cesse faire mes preuves ? - Que crois-je à mon sujet ?
Est-ce que je crois que ma valeur vient de ce que j'accomplis, de la mesure dans laquelle je sers ou du fait que l'on ait besoin de moi ? - Que crois-je au sujet de mon rôle ?
Est-ce que je crois devoir tout contrôler et tout porter, ou puis-je faire suffisamment confiance à Dieu pour m'arrêter et le laisser agir ?
Ces questions peuvent nous aider à reconnaître quand notre compréhension de la vocation s'est mêlée à notre besoin d'accomplissement, de reconnaissance ou de contrôle.
Cela met également en lumière un changement de perspective simple mais puissant : passer du « je dois » au « j'ai le privilège de ».
Un leader qui exerce un leadership sain peut encore avoir une charge de travail exigeante et des responsabilités importantes. Les circonstances ne changent pas nécessairement. Ce qui peut changer, c'est la posture avec laquelle il aborde ces responsabilités.
Au lieu de diriger sous l'effet de la pression, de la peur ou du besoin de faire vos preuves, vous pouvez commencer à diriger dans un esprit de confiance, de gratitude et de liberté.
C'est cela, travailler à partir du repos.
Pour quoi suis-je connu(e) ?
Peut-être êtes-vous la personne sur qui l'on peut toujours compter, celle qui résout les problèmes, celle qui dit toujours oui, celle qui ne semble jamais céder sous la pression.
Posez-vous maintenant cette question :
Si j'arrêtais de faire tout cela, saurais-je toujours qui je suis en tant que leader ?